Densité de population à Paris

Paris est la 8ème ville la plus densément peuplée au monde, sur les 214 villes de plus un million d’habitants recensées par l’ONU (statistiques 2013 consultables ici) – et la 5ème si on enlève les bois de Boulogne et de Vincennes.

Elle est devancée par 7 villes asiatiques de pays encore récemment comptés dans le « tiers-monde » : Oulan Bator (Mongolie), Phnom Penh (Cambodge), Manille et Kaloolan (Philippines), Madras, Calcutta et Surat (Inde).

La politique urbaine de la Ville de Paris a conduit à une densité de population observable dans des pays où la planification urbaine était notoirement défaillante.

Avec 21 000 habitants par kilomètres carrés, Paris est 1,35 fois plus dense que Barcelone, 1,5 fois plus dense que Tokyo.

Le 20ème arrondissement, notre quartier, a une densité de 33 000 habitants/km2, soit 55% de plus que la moyenne parisienne. Il compte 200 000 habitants : c’est une ville en soi, surpeuplée. Pourtant, nos élus continuent de promouvoir la construction de logements privés ou sociaux qui densifie toujours plus la ville, au mépris de la qualité de vie des habitants et en oubliant souvent de construire les équipements collectifs qui font un quartier agréable à vivre.

La modification du Plan Local d’Urbanisme de 2016 ouvre la voie à une aggravation de ce phénomène :

  • Suppression du Coefficient d’Occupation des Sols ce qui permet d’augmenter la surface construite par m2 de terrain.
  • Objectif de remplir les « dents creuses » (sic), que notre association appelle les « dents du ciel », ce qui revient à faire de la ville un labyrinthe d’immeubles à hauteur constante maximale.
  • Suppression de toute obligation de retrait des constructions. Ces retraits  qui visaient à créer plus d’espace pour l’automobile peuvent aujourd’hui être utilisés pour des trottoirs plus larges, des pistes cyclables, des plantations d’arbres, des espaces verts devant les immeubles…
    Mais dans les rues trop étroites auparavant soumises à obligation de retrait, les nouveaux bâtiments s’implantent maintenant en limite de voirie, en avancée par rapport à leurs voisins déjà en retrait, et bloquent pour des centaines d’années tout élargissement global de la rue, la création de pistes cyclables, la plantation  continue d’arbres… au profit de l’augmentation de la surface constructible et des gains immédiats.

Dans les projets actuels, les arbres sont souvent arrachés (cf. la crèche rue de la Justice), les espaces verts existants supprimés, les constructions faites avec une emprise maximale.

La chanson de Jacques Dutronc, « Le petit jardin », est toujours d’actualité !

 

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Extrait des statistiques ONU 2013

VILLE Population ville en millions d’habitant Densité en nombre d’habitant par km2
Ulaanbaatar 1,35 286200
Phnom Penh 1,57 74800
Manila 1,65 66150
Kalookan (Caloocan) 1,49 26675
Chennai (Madras) 4,34 24975
Kolkata (Calcutta) 4,57 24725
Surat 2,43 21675
PARIS 2,24 21300
Hyderabad 3,64 21075
Kathmandu 1,00 20475
Mumbai (Bombay) 11,98 19875
Haora (Howrah) 1,01 19475
Ahmedabad 3,52 18450
Delhi 9,88 17825
Séoul 9,99 16525
Quezon City 2,76 16075
Barcelona 1,62 15725
Tokyo 8,95 14375

 

Dialogue imaginaire
entre
la MAIRIE DE PARIS (ET SES PROMOTEURS)
et notre ASSOCIATION SURMELIN SAINT FARGEAU ENVIRONNEMENT
au sujet de l’esthétique urbaine.

La Mairie : « La rue des Partants (20ème), une réussite, avec deux mâchoires bien équilibrées de part et d’autre, comme le veut le PLU, sans dents creuses. Quelle harmonie sociale ! »

L’Association : « La construction des rues à la hauteur maximale autorisée par le PLU, au droit des trottoirs, sans élargissement, crée une ville labyrinthe… où le parisien se sent « fait comme un rat » et ne voit presque plus le ciel. »

La Mairie : « La rue Saint-Blaise (20ème), si avenante et bien adaptée à l’habitat social. »

L’Association : « Les arbres agrémentent cette rue, mais on s’y sent néanmoins comme dans un canyon où le soleil ne fait que passer rapidement. L’habitat social doit-il toujours être synonyme d’entassement sans âme ? ».

La Mairie : « Une rue particulièrement laide avec des dents creuses qu’il faudrait combler, la rue de la Liberté (19ème) »

L’Association : « Une rue qui a le charme de proposer un bâti varié, des vues sur le ciel – les dents du ciel, des aperçus sur des jardins, des arbres et arbustes qui en dépassent en surplomb sur le trottoir ; une variété et une irrégularité qui sont la marque de la vie et qui nous rendent heureux. Les urbanistes sont ils capables de créer des règles qui préservent la poésie de l’incertain ? »

La Mairie : « Ici, au fond, quelques caries à boucher par nos dentistes de la Mairie de Paris, nos chers promoteurs (rue du Capitaine Ferber dans le 20ème) avec qui nous aimons tant soigner la ville ».

L’Association : « Des bâtiments qui datent de différentes époques d’urbanisation. Mais il ne faudrait pas que le 21ème siècle lamine cet enchevêtrement d’époques au profit d’une uniformité « moderne »,  mue par le souci de satisfaire le business de la promotion immobilière au service de la population… ou des élus…? »